Les autorisations de cours publics dans les départements français (1808-1875) | Ressources numériques en histoire de l'éducation

Les autorisations de cours publics dans les départements français (1808-1875)

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Pendant la plus grande partie du XIXe siècle, la tenue de cours publics en dehors des facultés a été soumise à l’autorisation ministérielle prescrite par divers textes officiels ; à partir de 1875, la liberté de l’enseignement supérieur acquise par le vote de la loi du 12 juillet 1875 supprime la nécessité d’une autorisation préalable.

Les Archives nationales conservent un certain nombre de cartons contenant ces demandes d’autorisation et, éventuellement, la réponse qui leur a été apportée, ainsi que des informations diverses sur les demandeurs, leurs titres, les cours qu’ils se proposaient de faire, les appuis dont ils jouissaient, etc. C’est l’ensemble de ces cartons qui a été dépouillé, à l’exception de ceux, très nombreux, concernant le département de la Seine, pour lesquels une nouvelle campagne de dépouillement devra être menée. Bien qu’un certain nombre des demandes d’autorisation (impossible à évaluer) n’ait manifestement pas été conservé, le corpus obtenu à partir de ce dépouillement est fort de plus de 2000 fiches, représentant un nombre encore plus important de cours ou conférences, puisque 403 des demandes portent sur des ensembles de cours.

La base de données constituée à partir de ces cartons permet plusieurs types de recherche :

- par année :
La courbe du nombre annuel de demandes d’autorisation de cours publics fait apparaître deux périodes fastes, la monarchie de Juillet et surtout les années 1863-1869, qui correspondent au passage de Victor Duruy au ministère de l’Instruction publique : celui-ci encourage les enseignants du secondaire à donner des cours publics, dont le nombre augmente alors vertigineusement. À l’opposé, la Restauration et le début du Second Empire voient reculer sensiblement le nombre de cours pour lesquels est demandée une autorisation.

- par discipline :
La liste des disciplines, établie à partir des désignations portées sur les demandes elles-mêmes, est en partie arbitraire. Il a été nécessaire d’utiliser les rubriques « Autres », pour ne pas alourdir cette liste exagérément, et « Divers », pour désigner les demandes de cours sur plusieurs disciplines. Il faut donc utiliser en complément la recherche « tout champ », qui permet d’interroger la base à partir d’un nom ou d’un mot quelconque : nom de personne, de ville, de matière... Par exemple, bien que le mot « sténographie » ne figure pas dans la liste des disciplines, l’interrogation tout champ à partir de ce mot donne accès à six demandes de tenue d’un cours de sténographie.
Quant à la répartition de ces cours, si on constate sans surprise le grand nombre de cours relevant des facultés « professionnelles », droit et médecine, on doit noter la suprématie écrasante des cours scientifiques qui se révèle lorsqu’on additionne ceux qui ressortissent aux rubriques « chimie », « géologie », « mathématiques », « mécanique », « physique » et « sciences » (346 demandes, contre 251 demandes de cours de droit et 200 de cours de médecine, anthropologie et pharmacie).

- par département :
Le fait frappant est la forte inégalité entre les départements où les demandes d’autorisation sont peu nombreuses (moins de 15 pour l’ensemble de la période) ou même quasi inexistantes (dans six départements, on ne relève qu’une seule demande) et les départements où elles se multiplient. Sept d’entre ces derniers – en faisant abstraction de la région parisienne – se signalent par un nombre très élevé de cours : ce sont les départements dotés de centres universitaires prestigieux, comme Montpellier (98 demandes d’autorisation), ou de villes culturellement actives et plus généralement de lieux d’échanges. Il y a, en revanche, peu de demandes d’autorisation de cours publics dans les zones montagneuses ou purement rurales.

La présence, dans certaines fiches, d’indications sur les titres et professions des demandeurs d’autorisation et sur les appuis dont ils jouissaient devrait favoriser l’étude de la vie culturelle locale.


Pour citer cette ressource : Annie Bruter, «Les autorisations de cours publics dans les départements français (1808-1875)», février 2009 [en ligne] http://rhe.ish-lyon.cnrs.fr/?q=courspub (consulté le 25 Mars 2017)
Auteur : Annie Bruter
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